Interview de dirigeant – Florian MERSCH

1. VOTRE ENTREPRISE, 
VOTRE HISTOIRE

Je vous propose de vous présenter, de nous parler de votre parcours et de l’histoire de votre entreprise.

Je suis Florian Mersch. J’ai 41 ans, je suis marié et j’ai 3 enfants. Je suis originaire de la région lyonnaise. J’ai fait une FAC de droit, et j’ai ensuite commencé ma carrière dans la grande distribution spécialisée (dans le secteur du sport puis, de la musique). J’y ai occupé plusieurs postes opérationnels. De Responsable de rayon jusqu’à Directeur Régional. J’ai intégré le milieu de la petite enfance en 2014, au sein d’une entreprise nommée « Crèche Attitude », une société de crèches privées en France. J’y démarre du côté des services support, en tant que Responsable Achats, puis je cumule à ce poste la Direction de la région Sud-Ouest.

J’ai rejoint l’entreprise Babilou il y a environ 3 ans, en 2017. Au départ, pour un poste de Directeur Régional Ile-de-France Ouest. J’ai pas mal bougé durant toute ma carrière en France. Je suis par la suite revenu sur la région lyonnaise, quelques mois après mes débuts chez Babilou, pour y occuper le poste de Directeur Exécutif Grand Est.

Babilou est le leader français de la crèche inter-entreprises (crèches privées). La moitié de notre activité se situe en France, où nous travaillons avec 450 crèches. Nous employons environ 5500 personnes dans le monde et notre chiffre d’affaire est de 500 millions d’euros. J’occupe le poste de Directeur Exécutif et je gère la plupart des métiers opérationnels : fonctions de développements, commerciaux, contrôle de gestion et patrimoine. J’exerce mon métier sur le périmètre Grand Est, et cela, depuis maintenant 2 ans.

L’Entreprise DU FUTUR a pour but de créer de la «confiance» entre les dirigeants. Pour vous, qu’est-ce que signifie cette notion au sein de votre entreprise ? 

La notion de confiance est plutôt centrale dans mon secteur, dans la mesure où nous nous nous occupons de la petite enfance. J’ai 2 organismes tutelles qui sont la Caisse d’Allocation Familiale et la Protection Maternelle Infantile. Mon métier est d’accueillir des enfants dans un cadre sanitaire et législatif qui est très contraignant. Nous avons beaucoup de protocoles, surtout en période Covid, qui sont assez compliqués à appliquer. J’ai besoin de m’entourer de collaborateurs de confiance, qu’ils soient sur le terrain ou au siège. Je travaille avec des personnes diplômées : des infirmiers puériculteurs, des animateurs de jeunes enfants… Nous évoluons donc dans un domaine social, où il est important de s’entourer de personnes de confiance.

Babilou est une entreprise familiale qui a été créée il y a 17 ans et qui est encore co-présidée par ses deux frères fondateurs. C’est vrai que c’est assez rare dans notre domaine. Nous nous entourons donc exclusivement de personnes qui partagent ces valeurs familiales et qui savent travailler de manière responsable, autonome, et en qui nous pouvons avoir confiance.

En tant que DG ou membre COMEX, nous sommes régulièrement sollicités par des groupes d’entrepreneurs pour se développer personnellement ou pour développer du business. Ce qui m’a intéressé dans mes échanges avec Entreprise DU FUTUR, c’est cette notion de pouvoir échanger entre personnes qui occupent une certaine fonction en entreprise, souvent des postes à responsabilités, qui engagent une certaine prise de décision.

J’aime l’idée que ces possibles connexions se feraient pour discuter de la confiance avant même de tisser un réseau autour du business. C’est vrai que ça m’a conforté dans l’idée de me dire qu’Entreprise DU FUTUR est un réseau qui pouvait correspondre à nos valeurs, et j’avais envie de prendre de mon temps pour y participer.

Quelle vision avez-vous de l’entreprise de demain ? (Des PME et ETI de demain ?)

Ce que nous recherchons dans notre entreprise, c’est la performance. Nous l’avons toujours recherché, mais elle était auparavant plus d’ordre économique ou financière. Maintenant, nous essayons de rechercher la performance oui, mais elle doit être accompagnée de qualités humaines, relationnelles, et ça, sur du long terme.

Nous constatons que beaucoup d’entreprises peuvent connaître une croissance rapide, il est vrai. Cependant, la maintenir, se développer, capter les bons profils, les talents, les fidéliser et les garder, c’est plus difficile. Donner du sens à leurs missions, à leurs métiers, c’est ça qui sera plus dur. Le profil type d’un dirigeant ou d’un membre COMEX qui travaille 30 ans dans la même entreprise, c’est fini. Maintenant, les cycles sont de 3, 4 ou 5 ans, maximum. Ça va très vite. Il faut toujours intéresser nos collaborateurs, et toujours être dans l’innovation.

Ce sont les entreprises qui miseront réellement sur les Hommes, qui dureront dans le temps. Celles qui capteront les talents, sont celles qui arriveront à se développer.

Il faut arriver faut être agile. Cette crise sanitaire fait qu’il y a maintenant beaucoup de choses qui peuvent changer très vite dans nos business. Il faut s’ouvrir aussi en termes de développement personnel. C’est bien de développer les compétences, mais c’est aussi important de développer les Hommes, pour ce qu’ils sont ; leurs qualités et leurs valeurs.

Je pense que nous avons passé un virage, de l’industriel à l’ancienne, au nouvel entrepreneur (y compris d’ETI). Il faut vraiment donner du sens au métier, à la mission. Nourrir les gens de façon continue et s’intéresser à nos collaborateurs.

En tant que dirigeant, quel(s) conseil(s) pourriez-vous transmettre à vos pairs entrepreneurs pour surmonter cette crise sanitaire ?

Tout d’abord, il est important de rester proche de ses équipes. Nous avons assisté au développement de nouveaux canaux de communication. Ils nous ont permis de se rapprocher de nos équipes, y compris pour relations entretenues uniquement en distantiel, avec des réunions en remote.

En revanche, il ne faut pas oublier l’importance des réunions en physique. Quand on peut se retrouver, il faut se réunir. Il faut préserver la récurrence des rituels. Il y a des personnes qui vivent très bien le télétravail, et d’autres qui le vivent très mal. Il faut donc penser à tout le monde.

Ensuite, économiquement, nous avons eu la chance d’avoir eu une anticipation dans notre réseau. Nous avons un business qui est assez subventionné. Nous avons donc pu mettre en place des mécanismes qui nous soulagent de cette pression du « cash », sur les deux années prochaines.

Mon conseil pour les autres entreprises, c’est de ne pas mettre des coups de barre à 360 degrés, de vouloir faire des économies tout de suite. Il ne faut pas vouloir se passer des équipes trop vite, sous prétexte de faire des économies de masse salariale. Les talents dont on se passe aujourd’hui ne se récupéreront pas demain. Lorsque qu’il va falloir redémarrer et réaccélérer en termes de croissance, si l’on n’a pas fédéré ses équipes autour de soi en ces moments difficiles, la suite peut être très compliquée.

Comment j’ai pu fédérer mes équipes en cette période ? Premièrement, en entretenant un lien avec mes collaborateurs de manière plus récurrente qu’avant, sur des formats plus courts. Auparavant, nous avions une grande réunion tous les 15 jours ou tous les mois, qui durait une, deux, ou trois heures. Maintenant, nous nous sommes astreints, managers par managers, à réunir nos équipes plus souvent, parfois plusieurs fois par semaine, mais sur des plus petits formats.

En tant que membres COMEX, nos anciens formats étaient d’un jour et demi par mois. Aujourd’hui, nous avons changé nos modèles et nous nous réunissons deux heures toutes les semaines.

Nous avons conservé les grands formats de réunions d’une journée entière sur des sujets stratégiques, mais le fait de nous voir très régulièrement sur des formats plus courts, nous permet d’aborder de plus petites problématiques dues au Covid, ou même des problématiques business, d’organisation, de cash, ou d’outils de matériels. Ces plus petits formats nous permettent d’entretenir un lien et de se savoir comment tout le monde se porte.

C’est vrai que certains collaborateurs étaient, au départ, assez réticents sur l’ultra-connexion que nous mettions en place. Nous travaillons avec des plateformes internes comme Workplace par exemple, qui est une plateforme professionnelle développée par Facebook. Nous communiquons également via des groupes WhatsApp. C’est là que certains de nos collaborateurs nous disaient qu’il pouvait y avoir trop d’intrusion du travail dans leur vie privée. S’ils étaient tout le temps connectés sur leur portable, ils ne décrochaient jamais vraiment.  

Finalement, avec le Covid, ces groupes de personnes sont venus se rattacher à ces groupes Workplace et à ces groupes WhatsApp. Ils ont admis qu’en cette période, cela nous permettait d’être beaucoup plus agiles et plus réactifs, en faisant passer l’information plus rapidement. Ces plateformes nous permettent même de communiquer en « off », sans forcément parler tout le temps métiers ou stratégies. 

2. vos engagements aux côtés de l’entreprise du futur

En tant que membre adhérent de l’Entreprise DU FUTUR, qu’attendez-vous de cette collaboration ? 

J’y attends des rencontres, déjà. Il est important de rencontrer des homologues qui nous font découvrir des choses dont on peut se nourrir. On en apprend toujours.

C’est vrai que dans les organisations, plus on monte en responsabilités, plus il y a une espèce « d’entre-soi » qui se crée. On peut être parfois arrêtés sur certaines certitudes, qui sont d’ordre humaines ou business, et le fait de rencontrer d’autres dirigeants peut aussi nous ouvrir l’esprit sur d’autres activités, d’autres problématiques et d’autres manières de faire en France et à l’étranger. C’est ce partage-là, cet échange que je recherche.

Ensuite, je recherche une certaine mise en contact et mise en relation. La qualité des membres de la communauté Entreprise DU FUTUR présentée est intéressante, car elle nous permet de rencontrer tout de suite le bon interlocuteur, pour voir s’il y a des passerelles qui peuvent se faire entre nous. On peut y créer des connexions basées sur la confiance, avec des valeurs communes. On a la possibilité d’y rencontrer des personnes qui comprennent nos problématiques et qui peuvent nous partager les leurs, nous parler de leur propre expérience. J’y recherche aussi des rencontres qui peuvent nous faire gagner du temps en termes de mise en relation et de mise en contact.

Je fais partie d’autres réseaux de dirigeants. Ce sont des réseaux différents car ils sont davantage basés sur le développement personnel. Je me suis toujours refusé à adhérer des clubs qui seraient trop agressifs en termes de présentation commerciale et de retour sur investissement. Même si le ROI est très important dans notre métier, il ne faut pas s’y perdre.

En tant que dirigeant, il est vrai que nous avons des agendas assez pleins. Alors, dès que nous nous dégageons une heure ou deux, une soirée, nous attendons d’avoir un retour, mais pas automatiquement financier. Nous y recherchons aussi une expérience, un partage. Passer des bons moments avec des gens intéressants.

Dans le cadre de votre adhésion, prévoyez-vous d’être présent à la prochaine édition du Congrès annuel de l’Entreprise DU FUTUR ?

Oui, j’ai prévu de venir à la prochaine édition du Congrès de l’Entreprise DU FUTUR.  

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