Interview de Dirigeant – Pascal BLANDIN

INTERVIEW DE DIRIGEANT – Pascal BLANDIN

Crowe Avvens est un cabinet de conseils, d’audit et d’expertise comptable, implanté en région Rhône-Alpes et à Paris à travers 6 bureaux. Outre les activités traditionnelles, Crowe Avvens a développé une offre large de services dans le domaine social, de l’informatique, des opérations de haut de bilan et de la consolidation.

Votre histoire, votre entreprise

J’ai intégré le groupe Crowe Avvens en 1998 comme directeur de mission, puis en tant qu’associé en 2000.

En 2010, le groupe a connu un virage important après le départ à la retraite de ses fondateurs. Mes associés m’ont alors confié la présidence du groupe.

Nous avons choisi un projet stratégique tourné vers les PME et ETI. Fort d’une soixantaine de collaborateurs et de 6 millions d’euros de chiffre d’affaires, nous nous sommes développés par croissance organique, grâce à l’élargissement de notre offre et par croissance externe, pour réaliser en 2020 15,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, aux côtés de 160 collaborateurs.

Avez-vous une image, métaphore ou citation qui illustre le mieux selon vous votre entreprise ?

Avec la crise sanitaire actuelle, j’ai l’impression d’être capitaine d’un bateau dans une tempête où il faut rester à flot et garder son cap. 

On nous parle d’économie fragilisée et de sociétés en difficulté, mais notre bateau à nous traverse lentement cette période, car nous avons le bon modèle et anticipons les événements. 

Piloter c’est anticiper les évènements. Notre bateau est certes secoué mais je sens que nous nous dirigeons vers un beau ciel bleu.

Selon vous, quels seraient les 3 enjeux stratégiques majeurs de votre entreprise et pourquoi ?

La maîtrise de l’humain en interne est primordiale. Il est important d’avoir des collaborateurs bien dans leurs têtes, qui viennent au travail avec plaisir, motivés, sachant écouter leurs clients et identifier leurs besoins. 

L’entreprise qui saura maîtriser l’humain et qui a un bon produit sera championne du monde.
Second sujet, la maîtrise des systèmes IT : maîtriser la data, les systèmes, les process, la digitalisation et la sécurité informatique. Ce sont les enjeux de demain, c’est pourquoi nous avons créé notre propre société de conseil informatique.

Il ne faut pas avoir peur de changement et de l’évolution des générations.

Notre profession évolue énormément et l’entrepreneur a besoin d’aide et de soutien. Les entreprises souhaitent se concentrer sur leur cœur de métier, sans avoir à gérer les problèmes d’IT, de gestion d’équipe et les problèmes administratifs. Nous aurons donc encore beaucoup à offrir.

Dans le cadre de votre enjeu d’engagement, avez-vous mis en place une pratique dans ce domaine ou avez-vous démarré un chantier de travail à ce sujet ?

Au sein de notre entreprise, l’enjeu de l’humain est très important. Nos stratégies ont évolué avec le temps et se développent. Au départ, nous étions une équipe de sept, les sept mercenaires. Nous travaillions jours et nuits. J’en garde de beaux souvenirs mais c’était une façon de vivre qui ne correspond plus à l’esprit actuel.

Aujourd’hui, les collaborateurs sont libres, il n’y a plus d’horaires, mais notre métier reste riche et difficile sur le plan technique et il faut réunir de belles compétences pour travailler sur des dossiers de qualité. Notre métier a la particularité d’offrir de nombreux défis à relever pour des gens curieux et ouverts à de nouvelles techniques, tout en restant très exigeant pour nos clients.

En tant que chef d’entreprise, quel(s) conseil(s) aimeriez-vous partager à vos pairs entrepreneurs pour saisir le rebond de 2021 ?

Il faut être capable de remettre en question tous les modèles de pensée, de travail et de vision économique, et cette crise nous démontre partout que c’est possible.
Un dirigeant n’est pas quelqu’un qui est compétent sur tout : ce n’est pas être le meilleur technicien de sa boîte, c’est celui qui regarde les choses avec de la hauteur et qui est capable de prendre des décisions, quitte à s’entourer de conseils. 

Le dirigeant sait discuter, échanger, écouter et de se remettre en question.

Sous la forme d’une analogie, d’un proverbe ou d’un personnage, comment présenteriez-vous les PME et ETI de demain ?

Christophe Collomb : imaginer, rêver, convaincre, persévérer, essayer, réussir, recommencer.

Qu’attendez-vous des nouveaux collaborateurs qui rejoindront votre entreprise ?

Les anciens doivent être à l’écoute et les jeunes doivent être force de proposition, dans leurs projets et dans leurs solutions.

Ils doivent faire preuve d’initiative et montrer leurs compétences.
Une entreprise fonctionne parce qu’elle gagne de l’argent pour investir en moyens et en équipe. Il va alors falloir trouver, dans le monde de l’économie sociale et écologique qui semble prometteuse, comment en gagner car il n’existe pas de modèle économique sans équilibre financier.

Qu’apporte aujourd’hui votre entreprise pour attirer et fidéliser ces futurs collaborateurs ?

Attirer et fidéliser ces futurs collaborateurs n’est pas chose facile. Il est primordial de multiplier les contacts, notamment avec les étudiants, à travers nos interventions dans les écoles et dans les forums. 

La taille et la qualité de nos clients, nos relations avec nos collaborateurs, la qualité de nos services font partie de notre stratégie, ainsi que le réseau international auquel nous appartenons.
Le bouche-à-oreille pèse plus que n’importe quelle autre stratégie, même si nous travaillons aussi sur les réseaux sociaux.

Vos engagements aux côtés de l’Entreprise DU FUTUR

Qu’attendez-vous de l’Entreprise DU FUTUR et de cette dynamique collective de dirigeants de PME et ETI ?

Je suis très intéressé par le débat sur les changements de modèles des entreprises et notamment sur l’évolution de la mentalité des dirigeants à ce sujet. 

J’aime participer au débat autour de la société du futur sur le plan comportemental, car c’est un bon moyen de comprendre la vision des dirigeants de demain.

Prévoyez-vous d’être présent à la prochaine édition du Congrès Annuel de l’Entreprise DU FUTUR, le 1er juillet 2021 ?

Oui, bien sûr, avec plaisir.


– Interview réalisée par Mélodie BEGON, Claire ROZENBERG et Aurélie DUBUC, étudiantes de l’EM Lyon Business School.